Le Mecanisme d'Alerte
Le systeme SLAPIS Sahel est un systeme transfrontalier, et son mecanisme de diffusion et de communication doit etre adapte aux contextes specifiques du Niger et du Burkina Faso. Dans les deux pays, SLAPIS ne fournit pas des alertes mais des avis de vigilance, qui sont ensuite transformes en alertes par les institutions competentes selon leurs mandats respectifs.
Au Niger
Cadre juridique
Le cadre juridique de la Republique du Niger par rapport au mecanisme d'alerte repose sur les textes suivants :
- Arrete n. 607/MISP/D/ACR/SG/DGPC du 01 septembre 2017 portant missions, organisation et fonctionnement du Centre Operationnel de Veille, d'Alerte et de Conduite des Crises (COVACC)
- Loi n. 2017-006 du 31 mars 2017 determinant les principes fondamentaux de l'organisation de la protection civile
- Decret n. 2018-538/PRN/MISP/D/ACR du 27 juillet 2018 definissant le code d'alerte national
- Decret n. 2020-330/PRN/MI/SP/D/ACR du 08 mai 2020 determinant l'organisation et le fonctionnement de la DGPC
Comme indique par le Code National d'Alerte, les mesures d'alerte sont diffusees sur decision du Ministre charge de la protection civile au niveau national, des Gouverneurs dans les regions, des Prefets dans les departements et des Maires dans les communes (Article 5). Lorsque le Maire declenche les mesures d'alerte, il en informe sans delais le Prefet qui rend compte immediatement au Gouverneur (Article 6).
Canaux de diffusion des messages d'alerte
Les messages d'alerte sont diffuses notamment par (Article 8) :
Echelle standard de classification des seuils d'alertes
La Direction de l'Hydrologie delivre des bulletins d'alerte bases sur une echelle standard de classification a quatre niveaux de couleur, correspondant aux differents niveaux de risque et aux consignes associees :
Echelle standard de classification des seuils d'alertes (Direction de l'Hydrologie, Niger)
Les acteurs au Niger
La Direction de la Meteorologie Nationale (DMN), rattachee au Ministere en charge des Transports, est chargee de collecter, traiter, stocker et diffuser les donnees meteorologiques et climatologiques. Elle emet egalement des alertes meteorologiques destinees aux acteurs institutionnels et au grand public.
La Direction des Ressources en Eau (DRE), dependant du Ministere de l'Hydraulique et de l'Assainissement, coordonne le suivi quantitatif et qualitatif des eaux superficielles et souterraines sur tout le territoire national.
La Direction Generale de la Protection Civile (DGPC) est chargee de mettre en place le COVACC, qui a pour mission de superviser la veille permanente des structures de secours et d'aider l'autorite competente dans la prise des decisions en situation de crise.
Le Ministere de l'Action Humanitaire et de la Gestion des Catastrophes (MAH/GC) revendique les alertes sur les inondations. Il envisage de concentrer sur sa DPAC les informations provenant des structures techniques et de gerer les alertes vers la peripherie jusqu'a la population.
Le Dispositif National de Prevention et Gestion des Crises Alimentaires (DNPGCCA) a cree des groupes WhatsApp permettant d'envoyer directement les informations aux demembrements sous-regionaux (CSRDPGCCA), aux Observatoires de la Vulnerabilite (OSV) et aux SCAP-RU au niveau local.
Au niveau local, la Municipalite donne l'alerte conformement au code national. Le flux ascendant passe par le chef de village et le SCAP-RU, puis l'OSV informe le Maire, qui informe la Prefecture par telephone, le Gouvernorat a travers la Radio Presidence, et enfin la DGPC.
Au Burkina Faso
Cadre juridique
Le principal fondement juridique est la loi n. 012/2014 relative a la prevention et a la gestion des risques, des crises humanitaires et des catastrophes. L'article 25 stipule que l'information preventive des populations est organisee par le ministre charge de l'administration territoriale, les gouverneurs, les hauts commissaires, les prefets et les maires.
Les acteurs au Burkina Faso
L'Agence Nationale de la Meteorologie (ANAM) a competence sur la meteorologie et ses applications, y compris l'emission d'alertes meteorologiques.
La Direction Generale des Ressources en Eau (DGRE) a en charge l'evaluation et le suivi de la ressource en eau. Sa DEIE est chargee de la prevision, la modelisation et l'annonce des crues. Dans le cadre du Projet HYDROMET, la DGRE met en oeuvre le Systeme d'Alerte Precoce des Crues et des Inondations (SAPCI) depuis 2021.
Le CONASUR (Conseil National de Secours d'Urgence et de Rehabilitation) est la structure centrale de coordination, avec ses demembrements : CORESUR (regional), COPROSUR (provincial) et CODESUR (departemental).
La DGPC met en place le plan SMAC pour la gestion des catastrophes. Les CVD (Conseils Villageois de Developpement) relient les CODESUR avec la population et participent a la diffusion des alertes.
Mecanisme de diffusion actuel au Burkina Faso
Le mecanisme suit un flux centre sur le CONASUR et ses demembrements. Les services techniques (ANAM et DGRE) informent le CONASUR qui transmet l'alerte en cascade jusqu'aux prefets, maires et CVD. Les radios locales sont egalement utilisees pour disseminer l'alerte au grand public.
Mecanisme actuel de diffusion des alertes au Burkina Faso (Plan de Communication SLAPIS Sahel BF, 2024)
Le role de SLAPIS dans le mecanisme d'information
Dans le cadre de l'alerte hydrologique, l'information est produite par la Direction de l'Hydrologie (Niger) ou la DEIE (Burkina Faso) et transmise aux differents acteurs. SLAPIS est un outil qui, au sein de ces structures, produit des informations sur le niveau de vigilance de la Riviere Sirba et du Fleuve Niger.
Le mecanisme d'information de SLAPIS a ete defini grace a une analyse approfondie du mecanisme national d'alerte et des besoins des acteurs en termes d'informations sur le risque d'inondation.
Le systeme fournit trois types d'avis de vigilance :
- Vigilance meteorologique basee sur les previsions meteorologiques sur le bassin ou sur une partie du bassin.
- Vigilance hydrologique basee sur les previsions hydrologiques a 10 jours sur les differents troncons des rivieres du bassin.
- Vigilance hydraulique basee sur les observations hydrometriques et les previsions hydrauliques sur les troncons de rivieres jauges en amont.
Schema de communication SLAPIS au Niger
Le diagramme suivant resume le schema de communication et diffusion de SLAPIS Sahel au Niger, indiquant les acteurs, les canaux et les formats de communication :
Schema de communication et diffusion de SLAPIS Sahel au Niger (Plan de Communication, 2024)
Schema de communication SLAPIS au Burkina Faso
Schema de communication et diffusion de SLAPIS Sahel au Burkina Faso (Plan de Communication, 2024)
Transmission de l'alerte aux niveaux locaux
L'information sur l'etat de vigilance est transformee en alerte par les institutions competentes :
- La DGPC transmet l'alerte a la Direction Regionale, puis a la Direction Departementale qui la communique au Maire.
- Le MAH (Niger) transmet l'alerte avec tous les moyens prevus par le code national d'alerte a tous les niveaux jusqu'a la population.
- Le CONASUR (Burkina Faso) transmet l'alerte en cascade via CORESUR, COPROSUR et CODESUR jusqu'aux CVD et a la population.
- Le Maire, une fois informe, alerte :
- L'OSV (Niger) ou le CVD (Burkina Faso) a travers une reunion d'urgence
- La Radio Communautaire par telephone
- Les Chefs des Villages concernes par telephone
- La Prefecture par telephone et/ou SMS
Principes directeurs du Plan de Communication
Le Plan de Diffusion et Communication de SLAPIS Sahel repose sur six criteres fondamentaux :
- Valoriser l'existant : ne pas chercher a changer ce qui fonctionne deja, mais introduire des innovations non structurelles.
- Redondance plutot qu'oubli : utiliser de multiples media de communication pour ne pas oublier d'utilisateurs potentiels.
- Valoriser les intermediaires : creer des liens structurels entre les services techniques et les radios locales, former les journalistes.
- Ancrage local : impliquer les maires, les OSV/CVD et les SCAP-RU des le debut dans le co-developpement du systeme.
- Avis de vigilance, pas alertes : SLAPIS fournit des avis de vigilance a communiquer aux autorites en charge de l'alerte formelle.
- Canaux paralleles : diffuser les avis de vigilance par plusieurs canaux en parallele, assurant une avance par rapport aux alertes.